Le retour à la vie

par Mouna Douab 

En grandissant, nous avons parfois ce désir de vouloir planifier notre futur à la lettre et pourquoi pas quand nous avons un monde de possibilité qui nous attend. Mais qu’arrive-t-il quand l’imprévu trouve sa place sur notre chemin. Je venais tout juste de commencer ma première année en droit quand j’ai appris que j’étais malade.

Je pense que l’inconnu était ce qu’il y avait de pire, ne pas savoir ce qui allait m’arriver. Heureusement, je n’ai jamais baissé les bras et me voici devant vous. 

Dans des moments de la vie où on ne sait plus trop quoi faire de soi, nous n’avons plus rien à perdre. J’avais toujours voulu voyager et explorer ce que ce monde avait à offrir. Je ne savais pas ce que partir pouvait m’apporter, mais il était clair que rester n’était plus une option.

À ma sortie de l’hôpital, la première chose que je m’étais empressé de faire : réserver mon premier billet d’avion. Peu de temps après le deuxième et sans m’en rendre compte, j’en étais à mon septième. 

À la recherche de quelque chose que je ne croyais pas pouvoir trouver ici, je m’envolais vers l’inconnu. Au Maroc, j’ai réappris l’importance de la famille. Au Mexique, j’ai nagé dans les plus belles plages de ce monde en plus d’apprendre ce qui arrivait quand on buvait un peu trop de tequila. En Australie, j’ai rencontré les gens les plus incroyables, mais j’ai aussi compris l’importance d’être seule. Pendant 2 ans, j’ai voyagé, ressenti et vu des choses dont je ne pouvais que rêver de vivre. Toutefois, c’est seulement lors de mon dernier voyage que j’ai compris ce qui m’avait poussé à partir au départ. 

Dès l’instant où mes pieds ont franchi la terre d’Haléakala à Maui, mon esprit y prit refuge. À cet instant, je me suis sentie envahi par une paix inexplicable. Les couleurs orange, jaunes, bleues, vertes dessinaient chaque recoin du volcan avec une telle délicatesse et le calme des nuages les caressait purement par envie. Je m’étais empressé de mettre ma main sur mon cœur pour m’assurer que c’était bien lui qui battait si vite en moi.

Je ne sais pas si c’était les nuages, la vue à couper le souffle ou bien le vent froid, mais mon esprit ressenti absolument tout de cet endroit. Je pense que j’étais choquée et émotionnelle de retrouver autant de beauté dans les paysages les plus simples de ce monde.

J’ai compris que j’étais peut-être comme ce volcan. Un écosystème qui même après éruption avait la possibilité de dessiner sur ses cicatrices des couleurs d’une beauté sans pareil.

Haléakala m’avait fait rappeler à quel point j’étais heureuse d’avoir les yeux pour voir cette vue, d’avoir les oreilles pour entendre ce calme, d’avoir le nez pour sentir ce vent et d’avoir une bouche pour pouvoir apprécier le silence.

Et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé: là voilà la raison de mon départ!

J’ai toujours tout simplement voulu me sentir… vivante.

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